Comment le design en général et le graphisme en particulier peuvent entretenir un rapport singulier et sensuel avec les lieux, s’y mouvoir en quelque sorte? Comment ces métiers se risquent parfois dans l’activisme et les situations, dans les gestes et les paroles, à devenir une pratique environnementale? Certes, le paysagiste, l’architecte ou le scénographe n’ont de cesse d’aller et de venir sur ces espaces de création, mais le graphiste lui, semblerait greffé au bureau et à la machine.
Le nomadisme comme Poétique de la géographie m’est apparu comme une réponse possible pour entamer une ballade dans ce paysage atypique et chercher les mots, les figures et les sentiers appropriés pour faire surgir une culture. Elle pourrait alors définir un idéal personnel, un imaginaire du moment, sans les œillères mais avec les chaussures de marche. Elle manifesterait l’ambition de bâtir un terrain de jeu en devenir et servirait j’espère de socle assez stable pour scruter d’en haut le design non plus comme une forme figée dans l’objectivité mais peut-être comme un paysage où des arpenteurs / créateurs tracent aussi des sillons dans la terre battue pour dessiner bien sûre mais aussi pour y ramasser les graines vertueuses des projets à partager.

Après un travail d'analyse de certains enjeux du dit-design qu'ils soient politiques, sociaux ou écologiques, je me suis penché sur des pratiques variées et généreuses d'artistes, graphistes, illustrateurs, architectes, écoles... qui ont la bougeotte. Parfois c'est le déplacement d'atelier pour produire sur place qui les motive, d'autre fois c'est la randonnée ou l'économie de moyen, ou encore la question de l'hôte et de l'accueil. Les capacités d'adaptation et de création dont font preuve ces acteurs amènent à repenser un certain rôle social de ces métiers.

Mémoire de Geoffroy Pithon, Ensad 2011, à lire ici.