J1, on part en repérage. Quelles surfaces, quels espaces pourrait-on investir? Le groupe de 25 se scinde en deux et part marcher en ville sous quelques flocons de neige fondue.
Retour à l'école, on se montre nos photos, puis on crée quatre groupes (de 5 à 7 étudiant-e-s), à chaque groupe de réfléchir autour d'espaces à investir, de principes graphiques, d'intentions en terme de sens à donner à ces "actions".

J2, journée ensoleillée, les différentes idées peuvent se concrétiser, certains partent assez tôt sur le lieu de leur réalisation alors que certains affinent leurs intentions. Il est précisé de photographier activement ce qu'il se passe. C'est une journée intégralement urbaine où nous vaquons de groupe en groupe entre autonomie et micro-réglages.

J3, la majorité des groupes a accumulé sur la journée du mardi une matière photographique, fruit du projet in situ. Alors que certains continuent de travailler dehors, d'autres conçoivent une édition qui apporte un nouveau sens de lecture au travail. Il peut s'agir d'une série d'affiche, d'un fanzine, d'une installation.









Ce groupe s'est emparé d'une palissade de chantier pour réaliser une peinture grand format, collective et en mouvement. Un appareil photo fixe a capté l'évolution du dessin, au gré des expérimentations de la peinture à craie sur la tôle. Ils sont rentrés avec un gros dossier d'images, de recadrages et de plans d'ensemble, qui ont servies à composer une série d'affiches ainsi qu'une édition. Un texte sur la musique s'intégrait comme sous-titrage à cette suite de textures.











Ce groupe s'est mis dans la peau d'un collectif féministe, fédéré autour d'une certaine idée de la fête et prêt à défendre leur présence dans l’espace publique. S'inspirant des hobo signs, leur mode d'intervention consiste à débarquer sur un pan vierge et y peindre un ensemble de signes, tatouages muraux, langage codé et un peu absurde, marque de leur passage furtif. Elles tireront de cette expérience un fanzine compilant leur différentes recherches et une sorte d'affiche documentaire.









Ce groupe souhaitait travailler au sol un détournement de marquage de jeu ou de terrain de sport. En partant de la marelle, elles ont dérivées vers un jeu abordant le parcours périlleux d'un-e étudiant-e en art. Réalisé de façon assez intuitive à la craie dans une ancienne cours d'école, cette construction est ensuite ré-interprétée dans une forme plus construite dans un dessin à la craie sur papier.







Ce groupe proposait de se servir de la rue comme d'un espace d'accrochage, d'un musée à ciel ouvert plus ou moins éphémère où certains objets anodins viendraient être mis en avant… Leurs pérégrinations en ville les ont finalement amenés à intervenir directement sur des objets (bitume, trottoir, plot…), réalisant un ensemble de propositions plastiques et minimalistes. Après observation du résultat, il s'en dégageait un sens plus ou moins solide qu'ils ont retravaillé avec un travail d'affiche et de collage.



Le sujet très ouvert en a déboussolé certains, ajoutant à cela qu’entre Formes Vives nous ne sommes pas toujours d’accord sur les conseils à donner aux étudiants! (Note pour un prochain workshop : constituer autant d’équipes que de Formes Vives présents et la jouer «battle» avec 1 FV par groupe.) De plus, nous tâchons de laisser de plus en plus les étudiants «libres» en veillant de ne pas les imprégner directement de notre propre culture visuelle (nous n’avons montré une série de références personnelles que le 3e jour), ceci pour tenter d’amener tout le monde (les étudiants et nous-mêmes) loin de nos repères habituels. Le sujet fondamental étant peut-être toujours celui de la liberté, comment la prendre, qu’est-ce qu’on en fait, aujourd’hui, à plusieurs, dans l’école, dans la ville…

Merci aux étudiants, à Pierre Vanni pour l'invitation et son implication!