Comme nous aimons nous-mêmes créer des images et des objets, j’encourage à dissocier de prime-abord le travail de la forme et le «message». Pour expérimenter des choses visuelles nouvelles, sensibles, pour déplacer notre imagination et s’ouvrir à des formes surprenantes, avant de réfléchir à ce qu’elles peuvent bien nous raconter et comment mieux les orienter vers le sens qui nous intéresse, par le mot, la composition, l’ajout d’éléments.

Les étudiant·es se sont organisé·es en 5 groupes après un petit atelier d’écriture. Les textes qui suivent ont été écrit à la fin du workshop.

Putain ça colle pas !
Pour défendre nos idéaux féministes, nous construisons un char haut en couleur. Cet outil de manifestation est conçu à partir de formes abstraites et surprenantes composées comme une entité imposante, reflet de l'acceptation et du positivisme. En jouant avec le langage, cet objet acquiert la dimension d'étendard portant notre message. En tant que collectif féminin inspiré par les guérillas girls, nous portons des cagoules ornées d'yeux, questionnant le regard masculin et imposant plus de force. Pour faire vivre notre char et nos convictions, nous décidons de le faire promener hors des murs de l'école à la manifestation de la Journée internationale pour les droits des femmes (8 mars).
Ksenia, Maia, Mathilde, Estelle, Nahia, Naomie, Tina.



Presoak
Nous abordons la question des prisonniers politiques basques. Ce sujet étant complexe et sensible, un décalage artistique nous semble intéressant. Nous avons emprunté les regards de ces militant·es emprisonné·es, incarnant l'identité de ces personnes sans pour autant les dévoiler. Le poids que représente la prison remplie de regards est contrasté avec nos phrases sur des affichettes colorées.
L'objet se porte à la manière d’une banderole et peut se fixer dans le sol, lors de rassemblements militants ou durant des festivals, permettant de toucher un large auditoire.

Sara, Bérangère, Xan



Flower Power — Le code de la nature
«Nous sommes la nature qui se défend.» Nous proposons de l'incarner avec un ensemble de costumes et coiffes colorés et s’animant par nos mouvements, inspirées par les images de Charles Fréger. Ces quatre costumes, accompagnés chacun d’un panneau, représentent des stades différents de l'état de la nature, allant de la nature polluée et dégradée à une nature fleurissante et joyeuse.
Audrey, Hortense, Hélène, Seahël



Je t'aime donc tu es
En partant d'images trouvées sur une base de données, nous créons des collages prônant l'acceptation de soi. Sur ces images nous gaffons notre slogan «Je t'aime donc tu es». En prolongement de ce travail, nous éditons une série de collages numériques, accompagnés de graffitis.
Les Typograffeurs



Les parias dans tous leurs états
Nous travaillons autour des amalgames, la mise à l'écart, les pressions subies face à quelque chose que l'on n'a pas choisi. Chacun·e d'entre nous a développé un personnage différent, avec son thème associé : l’homophobie, le racisme, le clivage sociale et le harcèlement scolaire. Nous avons créé des costumes symbolisant nos thèmes et accordés ensemble par nos chapeaux aux couleurs du drapeau des fiertés. Nous sommes également doté·es de petits tracts mêlant enfants libres et textes brefs et incisifs.
Aurore, Agathe, Justin, Ioné



La plupart des photos sont de Mickael Vivier. Un chaleureux merci à Mickael, Uxue Arbelbide, Frédéric Duprat et toute l’équipe de l’école (j’ai réussi à en croiser une grande partie!) pour leur accueil au top.