Un parlement populaire mobile créé par Etc



La semaine dernière, avec Pierre Tandille, nous sommes allés filer un petit coup de main à la création du «Papomo», un parlement populaire mobile imaginé et auto-produit par le collectif Etc pour permettre à différentes structures, associatives notamment, d’organiser des rencontres, réunions, événements en extérieur, en public, à Marseille. Les premiers à s’en être servi sont les membres de Pensons le matin, une asso d’habitants qui réfléchit à la ville, son organisation, ses transformations, et travaille à peser sur les décisions urbaines. Ils avaient choisis de ce réunir ce samedi matin sur le parvis de la gare St Charles (et sans demander d’autorisation).



Avec Pierre, en deux petites demi-journées, nous avons pris le rôle de «décorateurs» afin de dépasser un peu l’esthétique (bois) brut(e) des Etc pour quelques chose d’un peu léger et «joli». (J’ai bien dit «joli», vous savez ce mot que vos profs d’arts appliqués ont arraché de votre vocabulaire : ).

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Et un logo trop cher et trop moche de plus!

Comme quoi nous ne sommes pas les seuls énervés par la médiocrité et le gaspillage qui a cours dans la communication publique, qui en plus de doter sottement d’«images de marque» des institutions, des territoires, des politiques publiques — qui n’ont a priori pas la nécessité de se revendiquer comme des produits manufacturés ou des franchises de commerce —, coute une blinde (de l’argent public qui ne part pas si loin, généralement dans la poche de copains) et participe allégrement à la pollution visuelle (qui elle ne connait pas de crise de croissance), le tout servi par un discours garanti 100% langue de bois que seule la démagogie la plus forcenée peut enfanter.
C’est le Canard Enchaîné qui nous narre le récent avènement d’un énième logo de collectivité territoriale. (Désolé pour la mauvaise lisibilité de l'image récupérée.)



P.S. Notre générateur de délicieux logos servis par ce qu’il faut de blabla, Logo-de-ville.fr, est toujours bien en ligne!

Öffentlich? Nützlichkeit? Grafik?

Vient de paraître ce petit livre (Graphisme? Utilité? Publique? en français), édité par la Weißensee Kunsthochschule Berlin à la suite d’une série de conférences (été 2011) et d’un colloque (hiver 2012) dédiés au graphisme français actuel, et notamment aux ateliers qui travaillent avec une volonté politique. J’avais eu le plaisir de présenter dans ce cadre l’atelier Formes Vives.



Il y a quelques mois, Alex Jordan, enseignant à la Weißensee et supervisant ce cycle — amplement organisé par les étudiants eux-mêmes —, nous a sollicité pour écrire et mettre en page un texte sur notre travail. Nous avons choisi d’évoquer principalement notre recherche formelle (et ce qu’elle porte de politique à nos yeux).



Malte Martin, Pierre Bernard, Étienne Hervy, l’atelier Fabrication Maison, Fanette Mellier et La Forge sont également de la partie (sympathique entourage!). Tous les textes sont en allemand et en français. Ce livre donne un visage contemporain et multifacette à la notion de graphisme d’utilité publique, je trouve ça bienvenu! J’espère que le livre se diffusera en France et ailleurs!

Pour vous procurer cet ouvrage il faut contacter par mail Silvia Hoppe (silvia.hoppe@kh-berlin.de) et envoyer un virement de 15€ sur le compte Postbank Berlin — IBAN: DE79100100100581515100 — BIC: PBNKDEFF. (Verwendungszweck Kassenzeichen: 0600300018126 Titel 11901 — Prof. Alex Jordan.)

Philippe Chat

Demain samedi 13 avril se déroulera une déambulation artistique en hommage à Philippe Chat, à Fontenay-sous-Bois naturellement. Nous ne pourrons nous joindre à nos amis pour cet après-midi mais en écho nous faisons paraître ici un petit article.
Nous avons été très touchés par la disparition de Philippe le 22 décembre dernier, il était un vrai complice. Dès nos débuts il nous a vivement soutenu tout comme il a encouragé de nombreux pairs et permis à de très belles réalisations graphiques d’éclore — à Fontenay-sous-Bois!



On n’a jamais trop su quelle place, au sens bureaucratique du terme, Philippe occupait à la ville de Fontenay. Pour nous c’était quelque chose comme «Adjoint à l’image dans la ville» ou «Chargé de l’art et du graphisme dans la rue». Voilà quelques faits marquants ou souvenirs personnels du travail de cet infatigable soutien d’un graphisme d’utilité publique…

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Les mains de l'économie sociale et solidaire

Quand des structures que l’on trouve pas trop mal ont recours à des méthodes de communication publicitaires et tristes, ça énerve un peu au début. Ces mêmes institutions qui usent de photos de banques d'images américaines dans toutes leurs publications nous habituent à la médiocrité de leurs discours et représentations. Mais parfois c'en est trop, et l’on prend le clavier pour demander des comptes.

Le 13 novembre dernier je tombe sur ce dépliant pour une formation sur les stratégies de communication pour les organisations de l'économie sociale et solidaire.

Je regarde de plus près la photo en première page de la plaquette et décide d'envoyer un mail à la chambre d'économie sociale et solidaire de Bretagne.

Bonjour,
Juste une petite remarque sur votre plaquette pour la formation à Quimper : « Quelle stratégie de communication pour les organisations de l’Économie Sociale et Solidaire ».
Pourquoi utilisez-vous pour illustrer votre plaquette une photo des mains d'un homme, blanc, d'une cinquantaine d'années, marié (alliance) donc hétérosexuel, avec une montre imposante (une Rolex?), en chemise blanche et cravate bordeaux?
Je vous passe les ampoules qui sautent pour dire qu'on a des idées.
Je suis triste de voir des associations dont je peux constater la justesse de leurs actes user des codes du marketing et singer les images dominantes a priori efficaces.
À quand des formations sur : l'ESS peut-elle, sans se bruler les ailes, utiliser les mêmes formes que le marketing?
Comment imaginer des formes de communication qui reflètent les actes et pratiques solidaires des associations de l'ESS?
Cordialement,
Nicolas Filloque

À ce jour, toujours pas de réponse.
Après la main invisible du marché, les mains de l'économie sociale et solidaire?

«C'est donc avec regret que nous refusons de répondre à votre appel d'offre»

L'appel d'offre est outil obligatoire (légalement en France, pour les marchés publics dépassant 20000€) et important (qualitativement et déontologiquement) pour les commandes d'institutions publiques. La création graphique, étant souvent externalisée, fait partie des nombreux domaines qui sont concernés par le Code des marchés publics, et donc par la procédure d'appel d'offre.

Si dans l'absolu l'appel d'offre est vertueux, dans la pratique de très nombreuses dérives sont à l'œuvre. Il y a les appels d'offres pipés qui consistent à voir des institutions se plier à la procédure légale tout en ayant, en amont, déjà retenu le «vainqueur» à venir («tous les appels d'offre sont pipés» dirait Jean-Pierre) ; les appels d'offres foireux qui consistent à voir des institutions réclamer des propositions pour simplement se faire une idée de ce qu'elles cherchent (en ne retenant parfois personne à la fin pour le traiter en interne) ; les appels d'«offres altruistes» qui consistent à demander des propositions très avancées (demandant beaucoup de travail) sans dédommager financièrement les participants ; les appels d'offres inutiles qui consistent à engager cette procédure alors que le montant du marché ne l'oblige pas du tout ; les appels d'offres subjectifs qui font tenir la sélection du «vainqueur» au seul «goût» du directeur ou du président… ; les appels d'offres «gagnés-perdus» qui consistent à sélectionner un «vainqueur» pour ensuite abandonner son projet en route*.
Malheureusement, un même appel d'offre réunit très souvent plusieurs de ces graves dérives.

Aussi, je viens d'apprendre qu'à partir du 1er mai prochain, le budget minimal d'un marché public obligeant l'organisation d'un appel d'offre retombera de 20000€ à 4000€! Ce qui re-légitimera bon nombre de mises en concurrence inutiles et couteuses pour les designers.

Pris par le ras-le-bol face à l'incessante reproduction de ces pratiques néfastes pour tout un chacun (prestataires, commanditaires et usagers), Pascal Béjean et Nicolas Ledoux, appuyés par les nombreuses signatures de graphistes indépendants, ont pris l'initiative de régulièrement répondre par une lettre de refus à certains de ces appels à candidature plus ou moins bidons (après un premier entretien téléphonique avec les commanditaires). Vous pouvez télécharger trois de ces lettres ici : lettres-de-refus-2010-01.pdf

Si elles peuvent rappeler le cynisme des lettres de non-motivations de Julien Prévieux, ces courriers n'en sont pas moins très sérieux. Ils s'appuient notamment sur le travail syndical de l'AFD (Alliance française des designers) qui de son côté a publié une note et un pdf très clairs, associés à une liste noire des appels d'offres actuels.



*Récemment, la mésaventure de l'appel d'offre «gagné-perdu» est arrivé à notre ami Pierre di Sciullo, qui avait remporté le marché de l'identité visuelle du prestigieux Stedelijk museum d'Amsterdam. L'appel d'offre avait pourtant été mené avec un professionnalisme hors-paire : un jury réuni autour d'un graphiste reconnu et du directeur du musée a pré-sélectionné 6 excellents ateliers de graphisme européens, les invitant à travailler dans un premier temps de manière conceptuelle, donnant lieu à un premier échange autour de ces recherches, avant que les studios remettent leurs propositions de mise en place concrète de l'identité graphique ; cette phase étant très honnêtement rémunérée ; en prime, le jury s'est déplacé pour rencontrer chaque atelier sur son lieu de travail. À la suite de quoi c'est la proposition de l'atelier di Sciullo qui emporta le concours. Mais la suite est d'une bien plus triste couleur… Le concours s'étant fait juste avant le départ de l'ancien directeur, comme par surprise la nouvelle directrice a «un point de vue différent sur la façon d'aborder l'identité graphique du musée et son image de marque» et rompt le contrat! Un communiqué de l'atelier di Sciullo vous en dit plus.

Marketing social



C'est au travers d'un flop virtuel et médiatique comme seules les grandes boîtes de publicité peuvent en faire que je me suis ré-interessé à la communication des associations d'intérêt publique. Déjà, la prospection virulente de certaines associations (Médecin du monde, Aides, Greenpeace, Action contre la faim…) à la sortie du métro ou sur certaines places de la capitale m'avait profondément échaudé. Mais alors à qui et à quoi doit-on le détournement de méthodes de marketing repoussantes et parfois révolues pour des associations aux pratiques a priori louables?

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Présentation de Citoyen-graphiste à Fontenay, le 16 janvier à 16h

Nous donnerons une présentation du travail mené via Citoyen-graphiste (notre mémoire de fin d'étude) et que nous faisons doucement avancer depuis. Pour faire bref (pour celles et ceux qui n'auraient pas déjà lu ce travail, à consulter en ligne), nous pratiquons une analyse critique des formes dominantes de communication liées aux institutions d'intérêt général. Nous observons à la fois des pratiques actuelles (ex : quels sont les outils qu'utilisent une mairie pour communiquer?) tout en prenant soin de replacer celles-ci dans un contexte politique et une histoire des pratiques et des idéologies.
Ces recherches se poursuivent à travers des lectures et des rencontres. Pouvoir les présenter en public ne pouvant que nous encourager à persévérer!



Cette présentation aura lieu le samedi 16 janvier 2010 à Fontenay-sous-Bois, à 16 heures. Rendez-vous donc à la galerie de l'école d'art, qui se situe au 20 rue Dalayrac!

Nous ne serons pas les seuls à intervenir dans ce premier cycle des Rencontres du graphisme à Fontenay, sur le thème «Qui commande?»
La tête d'affiche revient à Antonio Ugidos (directeur du Crips), Vincent Perrottet et Céline Debrenne (graphistes) qui évoqueront leur enthousiasmante collaboration.



Venez curieux, venez nombreux!
C'est Philippe Chat qui organise tout ça.
Merci!

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